mardi 23 août 2016

Souhait pour l'humanité

Je souhaite que l’humanité retrouve les lueurs bienfaisantes d’une justice, qui soit autre chose que celle généralement rendue par des individus sans conscience vertueuse, incompétents, corrompus et malveillants.

vendredi 15 juillet 2016

Quand le sage montre la lune du doigt, le sot regarde le doigt.


Le Premier Ministre nous a promis des attentats, pour une fois il va tenir ses promesses

Les victimes de Charlie hebdo, du Bataclan et de Nice ne sont que les dommages collatéraux d’une Nation dirigée par des fascistes corrompus que sont les USA.

De Georges W. Busch qui, pour faire une guerre coloniale à l’Irak, a inventé le plus monstrueux mensonge d’État, avec son complice Tony Blair, en passant par l’imposteur prix Nobel de la paix qu’est le pathétique Obama, celui qui a poursuivi en pire les actions militaires de son prédécesseur idiot congénital, et les supplétifs larbins que sont Sarkozy, le destructeur de la Libye, et Hollande le va-t-en-guerre contre la Syrie, et le protecteur des pétro-monarchies du Golfe, financiers de tous les mercenaires terroristes. Nous avons là, les principaux coupables et responsables de toutes les victimes d’attentats, se dénombrant par centaines de milliers, et que nous pouvons constater chaque jour sur nos écrans de télé.

Ils nous avaient promis de faire la guerre au terrorisme, soit ils démontrent leur incompétence, soit ils en sont la source.

L’hypocrisie des compassions médiatiquement scénarisées, et de fallacieuses cérémonies mortuaires en mémoires des innocents tombés à cause de leur incurie, leur manque de compétence et leur complicité criminelle, ne sont plus que des tartuferies qui déshonorent ces victimes et leurs familles, et est une insulte faite à la Nation, celle qui consiste à prendre les citoyens pour des idiots.

Quant à l’OTAN (Organisation Terroriste Américaine et Nazie) au lieu de dépenser des milliards d’euros dans la préparation d’une guerre contre la Russie, notre plus fidèle et efficace allié justement contre ce terrorisme, elle ferait mieux de se préoccuper de protéger les citoyens européens. Et si elle n’en est pas capable, alors qu’elle disparaisse, puisqu’elle a fait la preuve de son inutilité et de sa dangerosité.

Enfin, n’oublions pas Gladio, cette armée secrète de l’OTAN, qui est derrière de sombres machinations comme des attentas qu’elle fait attribuer aux groupes politiques qu’elle veut faire disparaitre, comme cela a été le cas de l’attentat de la gare de Bologne orchestré par une de ses succursales : la loge P2.

Pour que le Monde retrouve la paix, il est temps de dissoudre l’OTAN, et de désaméricaniser notre civilisation qui mérite mieux que cette dictature monstrueuse, de cow-boys vulgaires et grossiers, génocidaire et coupable de tant de crimes de guerre.

N’espérons pas que les politiciens corrompus, qui sont à l'origine de ce chaos, et se font élire sur des promesses fallacieuses, et dès qu’ils sont élus vendent (chèrement par ailleurs) les intérêts de notre Pays soit aux multinationales américaines (Golmans Sachs étant la plus féroce) soit aux pétro-monarchies, puissent être ceux qui soient capables de protéger les citoyens qu’ils appellent familièrement entre eux, et avec mépris et condescendance : les sans dents.

Le temps n'est plus très loin où ils iront rejoindre les poubelles de l'Histoire.

samedi 25 juin 2016

Dialogue N° 14 : La rédemption, la fidélité et la sincérité. (MAJ 16/07/2016)




Maître, comment puis-je obtenir le pardon de mes guides supérieurs, pour toutes les fautes commises lors de toutes mes réincarnations ?



Sois capable de pardonner à tous ceux qui se repentent sincèrement, non pas uniquement pour des faits qui te concernent personnellement, mais aussi pour des faits qui concernent autrui (l’Humanité), et tu comprendras comment fonctionne le pardon. Ce pardon ne doit pas s'entendre d'une façon naïve et irresponsable, mais doit rester parfaitement conforme au Dharma sans jamais contrevenir à l'ordre souverain des choses, ce qui suppose que tu saches discerner la sincérité du repentir de son apparence simulée. Car, s'il y a une chose qui soit définitivement incompatible avec le processus de rédemption c'est bien l'hypocrisie et la duplicité de pensée, et par voie de conséquences de parole ou d'action. 

La sincérité, dont il est ici question, est celle qui aligne parfaitement la pensée juste, la parole juste et l'action juste dans une indéfectible stabilité de correspondance, et dans la permanence de cet alignement. Il ne s'agit pas d'un repentir de circonstance et d'apparence, mais bien d'un serment de fidélité à ses convictions qui veut que lorsqu'il est acté rien ne puisse amener la Conscience à y renoncer. 

Sur le niveau d'évolution le plus élevé d'une Conscience humaine, chaque pensée qu'elle assimile, après en avoir éprouvé la justesse et la compatibilité avec ses valeurs morales, devient contractuellement un engagement que rien ne doit pouvoir venir profaner. Cette pensée, qu'elle soit formulée intérieurement où extérieurement, est un attribut caractérisant le volontaire engagement d'adhésion aux Principes du Dharma. Lorsqu'une Conscience n'est pas en capacité de respecter cette ascèse essentielle de son initiation qu'est le strict respect à ses convictions, dans la moindre de ses actions, elle déchoit rapidement de son état d'évolution le plus élevé sur chacun des plans et dans les trois Mondes. 

La fidélité à sa pensée, sa parole et à son action est la trame des fabuleuses épopées mythologique et mystiques du Mahâbhârata et du Râmâyana. Ce qui fait du roi Yudhishthira un Dharmaraja dans le Mahâbhârata, c'est justement son indéfectible fidélité à chacune  de ses pensées et de ses paroles. À l'inverse, ce qui condamne ses adversaires est le manque de probité morale les amenant inéluctablement à la duplicité de langage et les condamnant à subir la défaite lors de leur grande confrontation contre Nara et Nârâyana (Arjuna - fils d'Indra, et Krishna - Vishnou) sur le Kurukshetra. Même si l'histoire de Râma est très différente dans la forme, dans le fond le thème central est rigoureusement identique, puisqu'il repose sur la rigoureuse fidélité des engagements que cet avatar de Vishnou a pris vis-à-vis de sa rectitude morale allant jusqu'à se sentir obligé de respecter une très ancienne promesse faite maladroitement par son père le roi Dasharatha à une de ses épouses. Alors même que cette promesse a été obtenue par la ruse de cette épouse secondaire, et dont le respect strict de cette promesse le condamnait à faire perdre, à son fils aîné Râma, son droit légitime de succession au trône au profit de son demi-frère Bharata, le fils de cette épouse secondaire. Bien que toutes les lois, les notables, le peuple et le demi-frère Bharata étaient favorables à ce que Râma soit le Prince héritier - ce qui lui aurait permis d'aller à l'encontre de l'engagement de son père, qui lui-même était profondément désolé d'avoir à tenir cette promesse au détriment du Prince héritier -, Râma a refusé la succession pour ne pas permettre que son père soit parjure à sa promesse vis-à-vis des Mondes supérieurs. Ceci pour te faire comprendre l'importance qu'il y a, pour les plans et les Mondes supérieurs,  à être scrupuleusement fidèle à ses engagements, que ce soit vis-à-vis d'autrui ou vis-à-vis de soi-même. 

Donc, pour accéder à la véritable rédemption qu'est le pardon, encore faut-il être capable de connaître les exigences que requiert un repentir sincère. Il te faut savoir que toute violation de ce repentir sera considérée sur les plans karmique comme un sacrilège. Peu importe que tu sois le seul à le connaître dans le Monde physique dense, puisque sur les autres plans le fait sera inévitablement connu. C'est d'ailleurs pour cette raison que ceux qui ne respectent pas leurs engagements, qu'ils soient moraux ou verbaux, se condamnent à perdre la confiance de leurs semblables et celle des guides et protecteurs occultes des plans supérieurs. 

Pour en revenir à ta question, pour obtenir le pardon de tes fautes tu dois d’abord pratiquer le repentir sincère, selon le principe d'alignement indiqué précédemment, et que tu devras considérer comme sacré et définitivement inviolable. Le tout sous le contrôle du juge le plus implacable qui soit : toi-même. Et tant que tu tricheras avec toi-même, n'espère pas avoir la confiance des deva supérieurs.




Maître, par quel genre de fautes dois-je commencer à me repentir sincèrement ?






Il te sera difficile de te repentir sincèrement si tu n’es pas capable d’avoir ta propre Conscience des fautes commises. Les indications que je pourrais te fournir ne te permettraient que de singer l’apparence d’un repentir, sans qu’il ne contienne la moindre sincérité. 

Le rituel sans âme et sans qualité, qui n’est qu’hypocrisie et faux semblant, ne sera jamais de nature à abuser les Seigneurs du Karma et encore moins les Esprits subtils et clairvoyants des Consciences des plans et des Mondes supérieurs. Le processus de rédemption par le repentir sincère est beaucoup plus complexe et délicat à mettre en pratique que ne laisserait paraître la simplicité de sa formulation. La sincérité étant ici exigée comme condition sine qua non, doit être totale, complètement épurée d’artifices et de simulacres comme savent si bien en user l’ego et l’intellect raisonneur pour en donner une apparence trompeuse. Ce stratagème ne durant qu'un temps fugace, n’étant plus qu’une grossière imitation de la sincérité, n'abuse que la Conscience l'utilisant pour se mentir à elle-même. Cette sincérité, je crois utile de le répéter, ne doit pas être qu’intentionnelle (pensée), mais doit aussi être confirmée par des manifestations concrètes (paroles et actions), une régularité sans faille dans sa pratique et une absence de complaisances circonstancielles (excuses) auxquelles tu pourrais succomber par paresse ou manque de volonté et de rectitude. 

Comme je te l’indiquais dans ma précédente réponse, ta sincérité ne pourra pas se limiter qu’à ta personne, mais devra aussi se manifester dans le cas de fautes (inexactitudes, écarts, erreurs, imperfections, imprécisions, incorrections, manque de justesse et de probité, infidélité, irrégularités) que tu verrais commettre par d’autres individus, ou groupes d’individus et portant préjudice à autrui. Manifestation qui pourra s’effectuer au moins sous forme d'indignation. L’indignation et une opposition clairement manifestées à la complaisance, devant ces fautes et égarements issus de l’ignorance ou de vices assumés, et ne feront que valider, au « regard » des Consciences supérieures, la crédibilité de ta sincérité qui ne sera plus une formule creuse et frivole, mais une rectitude de comportement solidement ancrée dans ta Conscience de repenti, comme une valeur morale sacrée. Ne pas respecter scrupuleusement ce que l'on considère comme sacré, devient automatiquement profanation et sacrilège. 

Ceci te permet de comprendre la gravité karmique que peut comporter le  fait de se repentir un jour pour récidiver le lendemain. Cette gravité karmique se caractérisant par une perte de crédibilité de la part des instances spirituelles supérieures, et une nette diminution de leurs dons, leur assistance et leur bienveillance. Alors, à toi de faire ton propre inventaire de ce que tu peux, à l'aune de tes Connaissances actuelles, légitimement considérer comme des fautes dont tu acceptes d'assumer loyalement la responsabilité, afin d'en obtenir le pardon par un repentir sincère volontairement assumé. Et prends bien garde de ne pas confondre le repentir sincère avec autoflagellation, culpabilisation avilissante, stigmatisations déshonorantes ou apitoiement sur toi-même. 

Le repentir sincère n'est pas une punition, pas plus que le pardon est une récompense. Cela doit être simplement considéré comme une juste perception subtile de ta part,  de ces notions que sont le "Bien" et le "Mal",  et grâce auxquelles il te sera possible d'élargir considérablement ton champ de Conscience. Sans oublier que le repentir sincère est aussi un noble sacrifice, au moins celui de ton ego, et conformément à ce que j'ai déjà eu l'occasion de t'expliquer, le sacrifice lorsqu'il a cette forme spirituelle, est la meilleure oblation que tu puisses mettre sur l'autel de ta Foi et qui puisse avoir une possibilité d'être véritablement agréable pour les Esprits supérieurs officiants au service du Dharma.

Maître, je comprends qu’il m’appartient de discerner clairement les fautes dont je dois avoir sincèrement Conscience, avant que de m’en repentir, mais n’y aurait-il pas un ordre à respecter pour commencer la mise en pratique de ce processus ?

Si tu dois hiérarchiser la démarche de ton processus, je t’invite à commencer par ce qui me semble être la source de tout égarement, je veux parler de tes pensées. Comme l’indiquait si justement Lao-Tseu dans son Tao Tô King : 

En suivant la voie on trouve la voie. En se conformant à la vertu, on devient la vertu. Mais si on pense au crime, on recueille la honte du crime. C'est pourquoi l'action comme l'inaction traduisent l'invisible harmonie. Ou la foi est totale, où elle n'est pas. 

Ceci implique que la rédemption impose pour chacune des pensées, que nous avons décidé d’assimiler, qu’elle doive faire l’objet d’une analyse critique personnelle sans faiblesse, sans complaisance ni compromission. Soit nos pensées sont conformes aux règles d’éthique, de probité, de Connaissance, de rigueur, de justesse et de vérité, ainsi qu’aux vertus qui structurent nos valeurs morales ; soit elles ne le sont pas, et le repentir sincère sera de s’en séparer sans la moindre complaisance, même si cela doit radicalement modifier nos habitudes confortables, nos croyances rassurantes, nos certitudes intellectuelles et nos comportements sociaux grégaires. Soit nos pensées demandent à être sensiblement alignées sur une tonalité supérieure, et le repentir se manifestera par la volonté de la Conscience à s’y conformer sans le moindre laxisme. 

Lorsque tu auras identifié des pensées que ta nouvelle capacité de discernement subtile te permettra de juger comme mauvaise, il te faudra en plus tenir compte des actions que  tu auras commises lors des différentes mises en pratique de ces pensées s'étant révélées comme mauvaises. Je prendrai un exemple volontairement caricatural pour donner corps à cette réalité abstraite. Lorsque ceux qui pratiquaient l'esclavage, du temps où leur normalité ambiante en faisait une pratique courante et parfaitement légale, se sont retrouvés à devoir prendre Conscience du caractère profondément immoral et inhumain de cette pratique - lorsque des lois ont clairement stipulé l'abolition de cet asservissement dégradant -, leur repentir, pour être complet et sincère, devait passer par la condamnation de cette pensée qu'était la pratique de l'esclavage en libérant ceux qu'ils avaient encore sous ce régime, mais  ce repentir devait s'étendre aussi à toutes les personnes auxquelles ils avaient accepté de faire subir cette indignité humaine, les privant pendant de longues années de leurs libertés naturelles, sacrées, inaliénables et imprescriptibles. C’est uniquement par cette pratique exigeante, qui confine à l'ascèse d'un comportement juste et sans complaisance, que le repentir révélera ou non la profondeur et la crédibilité de sa sincérité. 

Ne plus accepter les petites apparences de vérités conventionnelles, qui ne sont qu'hypocrisie de convenance, est un des exemples de manifestation de la fidélité à son repentir et la marque de sa sincérité. Il faut aussi prendre garde à considérer que les règles de probité que l'on fait volontairement siennes ne doivent pas pour autant servir à l'aliénation des autres, ceux qui n'en partageraient pas le bien fondé. Pas plus que cela ne doit servir à porter un regard critique sur ceux qui, se complaisant dans la normalité ambiante illusoire, ne seraient pas enclins à souscrire à ces conditions éthiques libératrices. Seule l’exemplarité de ta fidélité à tes valeurs morales que tu offres en rayonnement doit te préoccuper. Ne pas respecter ces dernières modalités, serait de nature à redonner des pouvoirs aux asura guettant la moindre faille pour tenter de reprendre dans leurs filets une Conscience par encore en mesure d'avoir la Volonté de se libérer de ses travers, pour cause d'inattention. Et faire preuve d'inattention n'est jamais sans conséquence préjudiciable tant pour son auteur que pour autrui. L'inattention, voilà une des fautes les plus couramment commises, et dont peu de Conscience pense à se repentir sincèrement, d'où sa récidive régulière.





Maître, vis-à-vis de qui dois-je manifester ce repentir sincère ?






Ta question démontre que tu n’as pas encore bien assimilé toutes les subtilités du sujet sur lequel nous travaillons. 

Si tu cherches une tierce personne semblable à toi-même pour exprimer ton repentir, genre confession (privée ou publique, religieuse ou médicale) suivi d’actes de pénitence, alors tu retombes dans le rituel creux et sans consistance qui ne sert qu’à donner un illusoire alibi à ton ego afin qu’il se donne l’apparence d’une pseudo bonne Conscience, et un imaginaire et dérisoire pardon de ces fautes. Ce processus singeant le repentir sincère a pour conséquence quasi systématique de donner au récipiendaire l'envie de recommencer ses errements, puisqu'il a le sentiment qu'il va pouvoir s'exonérer des conséquences par ce simulacre de repentir. 

Les indulgences plénières - qui ont permis aux catholiques romains de récolter assez d'argent pour financer la construction de nombreux édifices religieux -, avaient plus l'aspect d'un vulgaire commerce que celui permettant une rédemption par repentir sincère. Le tueur, le voleur, le tortionnaire ou le malandrin savaient qu'il leur suffiraient d'obtenir, souvent en échange de simple quantité de monnaie, une indulgence plénière pour se voir absoudre de tous leurs péchés, y compris les plus vils et méprisables. Ceci constituait en réalité un encouragement à poursuivre dans la voie de la corruption de la Conscience puisque cette pratique, d'une grande perversité, donnait l'illusion d'une rédemption automatique et surtout systématique. 

Le clergé de l'époque, par sa complaisance coupable, devenait complice de ces forfaits, et entachait le patrimoine karmique de chacun de ses membres se pliant à ce détestable commerce du vice. La mauvaise Conscience pouvait s'en donner à coeur joie, puisqu'elle avait à sa disposition des toges d'apparentes vertus de rechange, dont elle pouvait se vêtir en contrepartie d'une partie de ses larcins, rapines, saccages ou pillages plus ou moins sanglants obtenus par la pratique du vice. 

Ton repentir tu dois te l’adresser à toi-même, et la pénitence, dont je t’ai tracé les grandes lignes dans ma précédente réponse, c’est encore toi qui dois te l’imposer et surtout l’effectuer avec la plus extrême rigueur. L'absolution tu la recevras, selon tes mérites, des échelons supérieurs en constatant qu'ils acceptent de continuer à te faire le Don de leur service bienveillant grâce auquel tu pourras poursuivre ton évolution. Ceci tout en considérant que le repentir sincère n’a rien à voir avec l’autoflagellation, la mortification, la stigmatisation ou je ne sais quel autre supplice plus ou moins barbare. La pratique régulière du repentir sincère est le moyen de remettre correctement l’évolution de la Conscience sur les bons rails de la rédemption (évolution). Je te rappelle que ce n’est ni une punition, ni un châtiment ni une répression. C’est juste un processus utilitaire, salvateur et protecteur de hiérarchisation de ses expériences, de leur alignement et de leur stabilisation effectuée par une Conscience devenue mature, volontaire et maîtresse de ses sens, Facultés et émotions. 

Le fait d'envisager d'avoir recours à une autre personne pour manifester ton repentir est aussi l'indication de ton faible niveau de Connaissance et de celui de tes propres responsabilités. Personne d'autre que toi ne pourra te permettre d'obtenir l'absolution. Ne crois pas pour autant que de ne dépendre de personne pour obtenir cette absolution soit plus facile. C'est même rigoureusement le contraire, car la moindre faille dans la sincérité de ton repentir te fera perdre automatiquement toute possibilité de rédemption de la part des membres de la Hiérarchie. Mais aussi cela installera au coeur de ta Conscience un sentiment de culpabilité ayant un lent et puissant pouvoir corrosif, et à la longue une possibilité d'autodestruction. Tu pourras constater, dans les faits objectivement observables, que ceux qui succombent à vouloir tricher avec eux-mêmes finissent inévitablement par corrompre leurs Facultés les plus subtiles, et s'égarent dans les méandres d'une involution uniquement gouvernée par Maya. 

Alors, pour en revenir à ta question, cesse de te préoccuper de chercher la personne à laquelle tu dois manifester ton repentir sincère, puisque la seule qui soit véritablement la plus habilitée à le faire, c'est toi ! Mais surtout n'oublies pas que pour être efficace tu devras strictement respecter l'adjectif qualificatif de : sincère. Après, soit la tonalité vibratoire de ce repentir sera suffisamment puissant pour s'élever vers tes guides et protecteurs des plans et des Mondes supérieurs, soit tu retomberas inéluctablement dans les turpitudes de ton ego et ton intellect raisonneur, prompts à t’accorder toutes les absolutions pourvu que tu poursuives la pratique de tes propres perversions.


Maître, ne serait-il pas plus conforme aux différentes traditions cultuelles d’adresser ce repentir sincère à une divinité susceptible de la recevoir et de la valider ?




Si cela peut t’aider dans ta démarche, pourquoi pas ! Mais si tu comprends correctement le schéma du processus que je viens de t’exposer, tu devrais y discerner que la pratique rigoureuse du repentir sincère, volontairement activé par la Conscience, comporte en elle-même tous les mécanismes qui permettent de valider l’accession à la rédemption. Là où les divinités auxquelles tu pourrais t’adresser ne feraient rien de plus ou de moins puisqu’il s’agit d’un processus d’auto-réalisation, dans le cadre des Lois Providentielles requérant obligatoirement une adhésion volontaire de l'officiant. 

Par contre, lorsque la rédemption s’active, comme je viens de te l'expliquer précédemment, alors les Consciences des plans et des Mondes supérieures en perçoivent la puissante tonalité vibratoire, et se prédisposent à satisfaire à certaines attentes de l’impétrant en répondant, sur le mode subtil vertical et intérieur, à ses interrogations, lui signifiant par la même occasion que cette manifestation vaut rédemption et implique la validation de l'absolution des fautes commises, et dont le repentir sincère a annulé les conséquences négatives. Conséquences négatives dont la principale a consisté en l’absence de possibilité de communications multidimensionnelles, pour la Conscience impie, avec les plans supérieurs. 

Ne te fais surtout aucune illusion, tu peux toujours espérer tromper tes semblables, ou toi-même sur la crédibilité de ta sincérité, tu n'abuseras jamais les Consciences des plans et des Mondes supérieurs. Si tu succombais à la tentation de vouloir le faire, tu serais alors dans une situation semblable à celle d'un jeune enfant faisant un gros mensonge du genre : je n'ai pas touché au chocolat, tout en ayant les babines enduites de sa gourmandise. 

Comme j'ai eu l'occasion de te l'expliquer, le repentir sincère n'efface pas la faute, il la localise dans un état de Conscience inférieur, ce qui permet à un état de Conscience supérieur de la considérer pour ce qu'elle est le trois quarts du temps : un enfantillage caractéristique d'une profonde ignorance, et d'en tirer les précieux enseignements. Un adulte regarde les bêtises de son enfance en les considérant pour ce qu'elles sont, sans pour autant se sentir accablé de remords dans sa situation d'adulte, puisque son repentir sincère ne les lui fait plus commettre depuis fort longtemps. Ce qui ne l'empêchera pas d'en appréhender l'inconvenance, la stupidité et les perturbations dommageables que cela aurait pu avoir sur sa propre évolution, si des adultes responsables ne lui avaient pas signifié, clairement et avec autorité, l'incongruité d'un tel comportement. Un père ou une mère ont probablement fait les mêmes bêtises que leurs enfants, ce qui ne les empêchera pas de veiller à ce qu'ils ne s'engagent pas dans une voie de perdition préjudiciable. 

Pour ce qui est des "divinités" auxquelles tu désires t'adresser, ne leur demande surtout pas d'être complaisantes avec tes vices et égarements, cela reviendrait à les rendre complices et à violer le Principe de Justice universelle, si elles venaient à te donner satisfaction en dehors de ces Lois. Justice universelle qui veut qu'il n'y ait aucun passe-droit ni aucune dérogation quant à la stricte application de Lois intemporelles et justes. 

Comme j'ai déjà eu l'occasion de te le dire, lorsque tu t'adresses à une "divinité", si les requêtes que tu manifestes sont constituées de pensées justes en vertus, elles recevront intégralement satisfaction. Il découle de ce Principe que dès lors où tu ne reçois pas satisfaction de ta ou tes requêtes, tu devras en tirer les enseignements, dont celui qui veut que tes pensées soient ou peu justes, ou qu'elles manquent de vertus et ne sont donc pas dignes d'être prises en considération, ou les deux.




Maître, encore une question sur le repentir. Quand dois-je le pratiquer ?





Je viens de te donner un début de réponse à cette question en t'expliquant comment tu dois t'adresser à une "divinité", mais manifestement elle demande à être complétée. 

Contrairement à ceux qui, par ignorance, ne savent comment se pratique ce rituel, je te rappelle qu'il ne s'agit pas de se repentir pour accéder à une rédemption occasionnelle pour tenter d'obtenir une compensation qu'elle soit émotionnelle, sensorielle, matérielle, intellectuelle ni même spirituelle. Ce serait là l'expression d'une grande perversité spirituelle sur laquelle je ne crois pas utile de revenir. 

Cette pratique du repentir, comme je te l'ai précédemment signalé, doit être considérée comme une ascèse constante que doit exercer aussi bien le novice, que l'apprenti-sage, l'initié ou le disciple. Savoir se repentir de ses errements de pensées, de paroles, de ses actions ou inactions, de ses inattentions ou de ses faiblesses au quotidien, reste le moyen le plus efficace pour tirer les meilleurs enseignements de ses propres expériences. Lorsque la pratique de cette ascèse est rigoureuse, constante et sans dessein de fortifier une personnalité égotique s'accommodant d'un petit commerce du donnant-donnant, alors elle est la source des plus puissants perfectionnements d'une Conscience spirituelle dévique. 

La Conscience ne se repent pas pour obtenir sa rédemption venant annuler toute sa responsabilité, et encore moins une récompense, mais c'est parce qu'elle parvient à la pratique du repentir sincère que sa rédemption ouvre le vortex lui permettant de franchir les niveaux supérieurs de son évolution. Ce vortex restera ouvert tant qu'il n'y aura pas la plus petite distorsion entre le repentir, sa sincérité et l'indéfectible fidélité de l'officiant à son serment de ne plus réitérer la faute, l'erreur, l'inattention ayant fait l'objet de la prise de Conscience de la réelle étendue de sa responsabilité, que ce soit sur le plan physique, intellectuel ou spirituel. Cette condition, pour être correctement respectée, implique une grande clairvoyance et un discernement subtil très rarement respecté sur le plan sensoriel et émotionnel. C'est d'ailleurs pour cela que le repentir pratiqué dans de mauvaises conditions ne produit pas ou que très occasionnellement l'ouverture du vortex de la rédemption. 

Lorsque ce vortex s'ouvre, lors d'une conjonction occasionnelle du repentir avec une véritable sincérité, il se referme tout aussi rapidement si cette conjonction n'est pas maintenue strictement dans les bonnes conditions. Ceci requiert, de la part de la Conscience, une attention rigoureuse et une vigilance sans faille. C'est ce qui fait dire que le sage ne se repent pas de ses fautes, mais de ses inattentions. Ceci répond à ta question du "Quand", puisque sur le plan spirituel le repentir fait partie de la pratique constante de l'ascèse, ou ce que les orientaux désignaient dans le Mahâbhârata par le terme d'austérités. 

Puisses-tu parvenir à ce niveau de pratique régulière du repentir sincère, car alors ton Parleur silencieux deviendrait intarissable, et tu n'aurais de cesse que de rester à son écoute attentive tant sa communication serait comparable, pour toi, à une corne d'abondance.



Maître, dois-je comprendre que c'est par la pratique de la rédemption que l'être humain peut espérer accéder à sa nature devique ?



C'est exactement cela ! Si tu accordes de la nourriture à un affamé, et qu'en retour il te mord la main, tu cesseras rapidement de l'alimenter, au moins tant qu'il ne sera pas venu manifester, par un repentir sincère, sa prise de Conscience d'un comportement irresponsable pour cause d'ingratitude. Si tu reçois une aide intellectuelle venant t'aider à résoudre de très difficiles problèmes sociaux, financiers, techniques, professionnels, scientifiques ou relationnels et qu'en contrepartie tu te montres incapable d'en apprécier la valeur que tu ne possédais pas, et sans laquelle tu aurais été incapable de résoudre correctement ton ou tes problèmes, ne t'attends pas à pouvoir en bénéficier de nouveau tant que par un repentir sincère tu n'aies pas obtenu la rédemption de ton comportement irresponsable pour cause d'ingratitude. 

Ce qui est de rigueur sur les plans physique et intellectuel l'est encore plus sur le plan spirituel. D'autant que si sur les plans inférieurs on peut se contenter de recevoir en contrepartie d'un simple remerciement, sur le plan spirituel il faut bien évidemment ne pas commettre la moindre forme de profanation. Par exemple, en étant dans l'incapacité d'apprécier à sa juste valeur les richesses les plus subtiles que l'on reçoit des plans supérieurs et que par aveuglement l’ego tente de s'en approprier les mérites et la créativité. 

Il faut aussi savoir honorer sa dette, pour les richesses reçues, en étant capable d'en faire don à son tour, dans les meilleures conditions requises (discernement, altruisme, discrétion et modestie) pour que ce don soit digne de servir d'oblation, servant d'acquittement de cette dette. 

Compte tenu de l'extrême subtilité et complexité de cette pratique, autant te dire que les erreurs de comportements, dans l'exercice de ton accession à la Connaissance, seront nécessairement nombreuses tout au long du processus initiatique. C'est là une chose normale, à la condition que tu saches tirer constamment les enseignements de tes erreurs et qu'en preuve de la bonne assimilation de ces enseignements, tu n'oublies pas de te repentir sincèrement pour neutraliser ces fautes et en obtenir rédemption consistant en une annulation des effets karmiques négatifs. 

Dans la continuité de ce processus, tu ne devras plus oublier, lorsque tu auras pleinement Conscience de la valeur de ce que tu as la chance de recevoir de la part de tes guides et instructeurs occultes, de les remercier pour leur aide et bienveillante générosité. Alors, progressivement tu passeras une à une les étapes les plus élevées de ta nature humaine, pour parvenir aux premières étapes de ta nature devique, et ce, grâce à l'ouverture, que tu devras maintenir par ta propre détermination, du puissant vortex de la rédemption. 

Je crois que sur ce sujet je t’ai donné suffisamment d’indications, et qu’il n’y a plus que par la mise en pratique que tu seras capable d’en générer de nouvelles qui puissent venir continuer à l’enrichir.


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Reprise des Dialogues entre le Maître et l'élève, début septembre 2016, si la Divine Providence le permet.




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mercredi 22 juin 2016

Note d’alchimie spirituelle N° 5





Qu'est-ce que la Vérité

La Vérité n’est révélée à la Conscience que très progressivement, selon sa capacité à en recevoir des fragments, et en fonction de l’amplitude de son champ de Connaissances. Chaque parcelle de la Vérité absolue n’est qu’une vérité plus ou moins relative qui n’est qu’une distorsion, plus ou moins grande, de La Vérité, se manifestant dans un espace de relativité générale.

La Vérité est un fait permanent, immuable et universel. C’est par la limitation des Consciences à la percevoir que cette Vérité est progressivement révélée à ces Consciences perfectibles, selon leur état d’évolution. Vérité dans laquelle elles baignent et grâce à laquelle elles peuvent exister et s’épanouir.

L’âme-de-vie ne peut recevoir la Vérité qu’en fonction de sa capacité à la percevoir et à l’assimiler. Cette capacité est déterminée par le niveau d’évolution de son état de Conscience ayant pour corollaire son niveau de Connaissance. L’état d’inconscience n’est pas une condition pour recevoir et assimiler la Vérité, pas plus que l’ignorance ne permet d’y accéder. Ce sont deux épais voiles qui protègent la Conscience des dangers de la puissante radiation qui émane de la Vérité, et qu’elle ne serait pas en mesure de supporter. Il faut donc que la Conscience accède à la Connaissance pour qu’elle puisse lever progressivement les voiles qui lui dissimulent les puissantes Lumières de la Vérité. Tout le schéma du processus évolutif impose à chaque Conscience de franchir, une à une, toutes les étapes de l’évolution, que ce soit au travers des différentes formes de manifestation, que des différents états de progression de chacune de ces formes. Si l’involution est le sentier allant de la Providence à la Conscience pour aboutir au Destin, l’évolution devra suivre le sentier qui va du Destin à la Conscience pour aboutir à la Providence et la nécessaire destruction des véhicules (formes) qui auront été utilisés pour y parvenir. Shiva est le Créateur, mais aussi le grand destructeur. Le schéma de cette évolution est inscrit dans la nature même des différentes formes de manifestation. Le symbolisme de ce schéma se caractérise par un début (enfance), un apogée (adulte) et un déclin (vieillesse). Tant que chaque étape n’est pas parcourue dans son intégralité, le développement ne peut se faire harmonieusement. Ainsi, une Conscience devra parfaire chacune des étapes de son évolution au sein d’une forme de manifestation, et ne pourra s’affranchir de cette forme, pour passer dans une autre plus évoluée, qu’après en avoir effectué intégralement le parcours physique (inconscience), intellectuel (maturité) et spirituel (sagesse), ce qui nécessite un nombre important de réincarnations.

Ce processus se retrouve en accéléré lors du développement de l’embryon, qui fait rapidement un résumé du chemin parcouru avant de se préparer à poursuivre l'ouvrage. Tant qu’une ou plusieurs étapes n’ont pas été intégralement accomplies, la Conscience devra sans cesse revenir (réincarnations) là où le travail est resté inachevé, ce qu’enregistre avec la plus extrême rigueur le patrimoine karmique. L’ordre souverain des choses reposant sur le Principe de la Justice absolue, il ne peut donc y avoir d’exception, de passe-droits ou de raccourcis. Chacun ne peut recevoir que selon ses mérites, et ne récolte que ce qu’il a préalablement semé, ce qui suppose sa capacité de pouvoir le faire.

Si la Vérité a un Pouvoir, c’est parce que cette Vérité est l’Énergie Vitale étant à la source de la Création et constitue son carburant universel et multidimensionnel. Une Conscience ne peut donc s’imprégner de cette Énergie Vitale qu’en proportion de sa capacité à la recevoir et la contenir. Trop de cette Énergie serait aussi destructeur, que pas assez serait sclérosant. Par ce processus évolutif de la Conscience, il est aisé de comprendre que la Vérité absolue reste immuable, mais que les vérités relatives, qui dépendent de l’état d’évolution de chaque Conscience qui les incarne, évoluent sans cesse. L’aspect de perfectibilité constante de la Conscience, au travers des expériences qu’elle effectue dans les formes de manifestation auxquelles elle parvient à s’identifier, selon ses capacités à pouvoir le faire, est le grand Principe (moteur) de l’évolution. Le carburant de ce moteur sera donc la quantité d’Énergie Vitale contenue dans les pensées, et cette quantité variera selon la qualité de celles-ci. C’est cette quantité qui déterminera le parcours (durée de manifestation) que pourra effectuer le véhicule/forme qu’empruntera la Conscience,  en rapport avec la réserve de carburant dont il disposera, grâce à la concentration que sera parvenue à stocker cette Conscience sous forme de Connaissances.

Cette Énergie Vitale, dans son aspect le plus pur et le plus puissant, n’est donc pas autre chose que l’ensemble des pensées du Divin Créateur, car selon le principe ésotérique bien connu, l’énergie suit la pensée, et la pensée produit la forme. Une Conscience exprime donc, dans sa forme de manifestation, la part de vérités relatives qui se trouvent en elle et constituent la quantité d’Énergie Vitale dont elle peut disposer. 

Mais si toutes les vérités relatives ne sont pas de même valeur, toutes les pensées ne contiennent pas la même quantité d’ Énergie Vitale. Il en est de même pour les pensées creuses, sans justesse ni vertus qui ne contiennent que la plus minuscule quantité nécessaire juste pour être brièvement exprimée, comme le ferait une bulle de savon.


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jeudi 2 juin 2016

Avis aux membres de la Fraternité d'Hermès

La renaissance...



Comme promis, puisque notre hébergeur est dans les choux, nous démarrons un nouveau forum gardant le même nom.

http://fraternite-hermes.forumactif.org/

Je vais installer les forums, comme sur l’ancien, et si vous le voulez vous pourrez commencer à y transférer les sujets que vous souhaitez y retrouver en partant des archives ci-après :

http://web.archive.org/web/20160331044627/http://hermesfraternite.forumparfait.com/

Soyez endurants, c’est un vrai travail de patience.

Je ferai avancer les travaux le plus vite que je peux, tout en découvrant avec vous les nouvelles possibilités de ces nouveaux forums.

Fraternellement à tous.

mercredi 1 juin 2016

Dialogues N° 13 : L'inévitable sacrifice, le Don et l'ingratitude. (MAJ DU 19/06/2016)





Maître, que dois-je sacrifier pour devenir un disciple accompli ?





Tu dois d’abord abandonner ce que tu es (l’ego de ta personnalité), si tu veux véritablement devenir ce que tu n'es pas encore (une Conscience pleinement éveillée). Tu ne seras jamais véritablement ce que tu aspires à devenir spirituellement, sans sacrifier les vieilles dépouilles de la Croix mutable, de ce que tu crois être physiquement et intellectuellement, en les pendant sur la Croix fixe pour accéder à la Croix Cardinale du disciple accompli. 

Lorsque tu commenceras à assimiler les enseignements que je te transmets, tout au long de nos petits dialogues, tu te rendras compte qu'il n'est pas possible de devenir un disciple accompli sans une profonde transmutation. C'est d'ailleurs tout le sens ésotérique de ce Grand Art qu'est l'Alchimie Spirituelle. D'abord, il faut parvenir à une profonde transformation (Croix mutable), puis à une transmutation (Croix fixe), enfin à une transfiguration (Croix Cardinale). Ce pèlerinage de Compostelle, comme l'évoquait en son temps Nicolas Flamel, n'est pas une randonnée pédestre, mais un processus analogique d'une méthode opérative spirituelle. 

Le Magnum Opus n'est pas une distraction frivole d'amateur en quête de distraction. Pour que tu commences à comprendre ce dans quoi tu t'engages, je ne vois rien de mieux que de reprendre un extrait du "Grand Oeuvre" de Grillot de Givry :

" L’Absolu enserre notre être comme un involucrum, et borne le cercle étroit de nos concepts précis ; en toutes choses il a imprimé sa commonéfaction.

Ténèbres, Inconnu pour ceux qui n’ont pas la Science, il n’est qu’un voile qui recouvre la Cause Première, et qui se lève devant les Initiés.

Heureux celui qui l'aura su déchirer avant l'heure ! car la Lumière qu'il connaîtra déjà ne l'éblouira pas par sa vision inattendue.

Mais que ceux qui se seront complus dans l'inexistant craignent que, pour eux, le gardien du seuil ne soit obligé de l'écarter lui-même !

Alors, à la vue de ce qu'ils n'avaient jamais soupçonné, de ce qu'ils avaient contemné peut-être, ils tomberont anéantis dans les profondeurs du chasme, où, n'ayant plus conscience d'eux-mêmes, ils perdront leur entité et ne se retrouveront plus !

O la paucité et la parvité des doctes, en cet instant décisif ! Que de regrets d'actes non accomplis, de projets non exécutés ! Combien, ne pouvant réparer les omissions et les erreurs, devront, imparfaits, incomplets, impurs, accepter leur réalisation définitive !

Suis-moi donc, mon Disciple, dans la Voie de l'Absolu que je vais t'enseigner ; suis-moi, et je te promets qu'un jour tu ceindras ton front de la couronne de lumière, du diadème d'or des Sages, réservé à ceux qui, pendant leur vie, auront accompli l'Œuvre qui résume toute Œuvre.

Beaucoup ont entendu discourir du Grand Œuvre. Quelques-uns se proposent de s'y adonner, mais bien peu en abordent la question.

Tous disent : " Plus tard, quand nous aurons conquis le loisir et le calme". Mais le loisir et le calme ne viennent jamais, tandis que l'Absolu te réclamera sans faute, puisque tu émanes de lui.

Oh ! passer sur cette terre sans avoir déchiffré l'énigme, sans avoir pénétré le secret inexsupérable que certains, parmi nos aïeux, connurent, le pourrais-tu, toi qui as déjà quémandé la Sapience auprès de tant d'hommes qui ne la possédaient pas ?

Le Grand Œuvre ! Le Grand Œuvre ! Vocable prestigieux ! Fulgurante splendeur ! D'aucuns, dans les âges écoulés, auraient donc contemplé cette merveille, l'auraient possédée intégralement, et toi, tu la laisserais, inexpliquée, dans les livres !

Et dans l'au-delà, doué alors de la plénitude de ta lucidité perceptive, tu verrais la phalange triomphale des Sapients, inondés d'une joie radieuse, éperdus de bonheur et d'allégresse, se délecter de la PIERRE DES PHILOSOPHES, s'en nourrir pour l'éternité et tu n'aurais aucune part à ce festin !

Et tu entendrais les blanches théories des Initiés te crier comme Dante :

Guai a voi anime prave (Malheur à vous âmes perverses)
Non isperate mai veder lo cielo ! (n'espérez pas voir le ciel)

Tandis qu'elles s'éloigneraient pour jamais, triomphantes, dans la Lumière, et te laisseraient seul, au sein des ténèbres grandissantes, leur diazome sinistre s'étendant autour de toi !

Que cette pensée suffise donc à t'inspirer le regret de ta néglection du Magistère des Sages.

Plût à Dieu qu'il ne soit pas trop tard, et que tu ne te trouves déjà trop avancé dans la vie pour entreprendre de le parachever !

Car si l'ascèse n'a pas commencé au sortir de l'adolescence, il est douteux que tu puisses parvenir à la perfection. C'est dans ce sens que Nicholas Valois a dit : "Le Printemps avance l'Œuvre". Et Saint Thomas d'Aquin : « Dans les premiers jours, il importe de se lever de grand matin et de voir si la vigne est en fleurs »

L"intégralité du Grand Oeuvre de Grillot de Givry   

 Maître, c’est pour moi encore un peu obscur ta réponse. Dois-je comprendre que ce que je suis, et qui m’a permis d’arriver à me trouver en face de toi, n’est pas digne d’être conservé ?



Ce que tu crois être dans l’instant n’est que la conséquence de ton passé et des pensées, plus ou moins justes et vertueuses, que tu as accumulées, et dont nous venons de voir qu'elles ne sont pas toutes de qualité spirituelle, mais qu'un grand nombre de ces pensées sont encore à base d'énergie fossile et à l’apparence intellectuelle propre à la forme perfectible à laquelle tu restes encore profondément identifié. 

Si tu entends devenir un disciple, c’est que tu aspires à être autre chose que ce à quoi tu t’identifies dans l'instant, sinon tu ne souhaiterais pas changer quoi que ce soit. 

Quelles que soient les qualités que tu reconnaisses à ta présente identification, reflet de l’état de l’évolution passée de ta Conscience, le fait que tu entreprennes librement une démarche pour te libérer de cette prison d'ignorance, et pour tenter de t’identifier à ce que tu sais ne pas encore pouvoir être, mais que tu aspires devenir en élargissant le champ de tes Connaissances, démontre au moins que ce que tu es ne convient plus pleinement à ton épanouissement et à l'idée que tu te fais de ton évolution possible de Conscience. Lorsque quelque chose ne te convient pas, il est tout à fait pertinent d’envisager de t’en défaire au profit d’une chose plus adaptée à satisfaire tes convenances. 

Pour l’instant tu ne peux pas être considéré comme un disciple, comme le pèlerin en début de son cheminement ne peut prétendre à l'illumination que lui procureront ses longs efforts pour attendre le terme de son voyage vers Compostelle. Donc, tu restes encore attaché à une apparence qui est le résultat de tes expériences passées, mais qui n’a pas encore les qualités pouvant correspondre à tes aspirations. Alors, soit tu te familiarises avec la nécessité que tu auras à t’en débarrasser, d'où l'acceptation du sacrifice librement consenti,  soit tu resteras prisonnier de cette apparence que tu rechignes à sacrifier. C'est ce que je viens de t'expliquer par le remplacement des pensées qui constituent ton bagage périssable - pour l'essentiel reposant sur l’édifice d'une psychologie intellectuelle usagée et chimérique -, par celui d'un patrimoine intemporel de psychologie spirituelle que tu auras lentement et patiemment forgée dans l'athanor de la mise à l'épreuve quotidienne, pour en faire de solides pensées justes en vertus. 

Ne crois pas que le Grand Oeuvre de transmutation soit facile, car ici l'officiant doit se transformer en même temps que la matière qu'il travaille pour obtenir le résultat escompté. Lorsque le pèlerin commence sa randonnée, il est ce qui lui a permis d'arriver au début de son excursion : un simple randonneur avec un état d'esprit de touriste propre à sa normalité ambiante composée d'assistés pauvrement culturels et sociaux. Mais s'il entreprend ce qu’il sait être un long et difficile pèlerinage, c'est pour devenir à l'arrivée quelqu'un d'autre n’ayant plus grand-chose de commun avec ce qu'il était au début de son voyage. Ce quelqu'un d'autre devra se débarrasser, tout au long du trajet, d'un fatras d'affabulations, d'artifices, de faux-semblants, de fantasmes et d'illusions.  Il le sait, et il l'accepte, comme il accepte les sacrifices d’effort, de courage et d'endurance dont il devra faire preuve tout au long de son itinéraire. 

Que deviendra celui que tu es et que tu ne seras plus au terme de ce voyage ? Il sera absorbé par un plus vaste champ de Conscience que tu auras réussi à conquérir lors de ta quête, comme la petite Conscience de l’enfant est enveloppée lorsque le champ plus vaste de celle de l'adulte vient la recouvrir à sa maturité. Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme.


Maître, j’ai du mal à admettre que je puisse volontairement sacrifier ce qui m’a permis d’être ce que je suis, sans véritablement savoir si ce à quoi j’aspire constituera un changement profitable. Quelle certitude puis-je avoir que ce sacrifice ne me fera pas perdre au change ?

Voilà bien un raisonnement typiquement causal et mercantile à souhait, comme sait en produire l’intellect raisonneur. C’est aussi ce mécanisme purement intellectuel qu’il va te falloir aussi en partie sacrifier, si tu veux véritablement devenir un disciple accompli. 

Dans le Monde auquel ta Conscience s’est identifiée à une forme physique dense, toutes les relations, combinaisons, mécanismes et échanges se font sur le mode du « petit commerce de l’ego régi par la loi du plus fort», jamais véritablement équitable puisque chacun cherche à être le dominant, celui qui aura su profiter (abuser) de l’autre. C’est vrai sur le plan matériel ou chacun cherche à se vendre (vendre son temps, ses idées, ses émotions en échange d'autres émotions, ou de marchandises) aux plus offrants.  Ce principe mercantile consiste à monnayer, ce que l'on croit posséder, plus cher que ce que cela est censé avoir coûté, en utilisant toutes sortes d’artifices, de ruses, ou d’intimidation par la peur.  Ceci revient à toujours chercher à tirer profit du service (jamais totalement désintéressé) rendu, allant jusqu’à essayer de rentabiliser même un don sous la forme d’un profit affectif ou d’un prestige. Ou pire encore, en contrepartie d’un asservissement du bénéficiaire en lui imposant une perpétuelle dette de gratitude, comme cela se pratique hélas! si souvent entre amis, alors que la règle la plus vertueuse en ce domaine, est celle qui veut que l’amitié se cultive, mais ne s’exploite jamais. 

Sur le plan intellectuel et émotionnel, le marchandage reste de mise. Chacun veut bien aimer à la condition que les bénéficiaires apportent en retour une affection de même nature et de même intensité. Cet "amour" de marchand de tapis du temple des camelots est à l'Amour totalement altruiste, ce que la fausse monnaie est à la vraie. Ta présente conception du sacrifice ne diffère en rien de ce petit commerce - que les économistes et politiciens appellent une autre forme de la guerre en temps de paix, et qui d'ailleurs finit toujours par la guerre -, où les préoccupations égotiques règnent en maître. 

Pour en revenir à ta présente question, tu veux bien faire un sacrifice, mais tu ne veux pas être perdant dans l’échange, et en plus de cela tu cherches à te garantir contre un éventuel échange qui te serait par trop défavorable. Ceci nous renvoie à ce que je te disais au début : Tu dois d’abord abandonner ce que tu es (l’ego de ta personnalité par trop identifiée à sa forme physique), si tu veux véritablement devenir ce que tu n'es pas encore (une Conscience pleinement éveillée, libérée de l’asservissement de son identification)

Et comprend bien  qu'abandonner, comme sacrifier ne signifie pas qu'il puisse y avoir la moindre contrepartie. Le vice se vend, c'est même ce qui se vend le mieux ici-bas et le plus, tandis que la vertu ne s'achète pas, elle se conquiert par l'effort, l'abnégation, la volonté sans préoccupation de domination, ni valorisation des mérites autre que celui de la discrétion permettant d'exercer un service désintéressé au profit de l'utilité commune. Tu retrouves cet enseignement du sacrifice dans l'Évangile de Marc 8-34 à 36 : 

"Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme?"


Maître, je comprends ce que tu cherches à me faire discerner dans ce processus causal des rapports physiques et intellectuels reposant sur l'égoïsme et l'individualisme, mais alors sur quoi reposent véritablement les rapports spirituels ?


Je vois que tu commences sérieusement à envisager que ce à quoi tu aspires ne repose pas sur les mêmes mécanismes de fonctionnement ayant cours dans l’actuelle sphère où se manifeste ce à quoi tu t’identifies actuellement au sein d'une communauté de partage d'une normalité ambiante. 

Pour répondre à ta question d’une façon simple et sans ambiguïté, je te dirais que si les relations extérieures ne reposent essentiellement que sur « le petit commerce de l’ego », les relations intérieures ne reposent uniquement que sur le Don. Don qu’il convient surtout de ne pas confondre avec sa pâle imitation qu’est le faux « don » du « petit commerce de l’ego », ayant pour condition invariable le : si tu me donnes l'équivalent en retour

Le mécanisme du véritable Don, sur le plan spirituel, est celui qui se pratique dans les deux autres Mondes supérieurs au Monde physique dense, et sur chacun de leurs plans. Ce Don est altruisme pur et générosité intégrale, c’est l’Énergie Vitale qui est à l’origine de la Divine Création. Ce Don est la seule véritable oblation ayant une valeur susceptible d’être appréciée sur les plans supérieurs, et qu’une Conscience en évolution puisse faire aux dieux. Son principe est de vouloir donner à qui demande, et à qui est prêt à recevoir ce Don, sans pour autant que le bénéficiaire puisse le profaner par un ou des vices, dont l'ingratitude fait partie. Mais bien évidemment pour avoir l'ambition de donner, encore faut-il posséder quelques richesses à distribuer, condition préalable que devra remplir correctement le donateur.  Il convient de considérer que le véritable Don doit s'effectuer avec cette intention sans réserve que celui qui donne n’attende rien du bénéficiaire, car ce Don reste le seul moyen dont il dispose pour s’acquitter de la dette qui a été constituée lorsqu’il a, à son tour, demandé et reçu les richesses qui lui ont permis d’être en mesure de faire des Dons. Si tu cherches à approcher ce niveau d’évolution de Conscience en restant crispé sur tes habitudes mercantiles des niveaux inférieurs, il y a fort à parier que tu ne reçoives pas grand-chose lors de tes demandes adressées aux plans supérieurs. 

Si tu espères faire du « commerce » avec ce que t'accorderont tes protecteurs occultes, et dont les richesses sont d'une extrême valeur, car elles sont en plus sacralisées,  tout ce que tu récolteras, en dehors de piètres profits éphémères et périssables, sera un considérable accroissement négatif de ton patrimoine karmique pour avoir commis le terrible sacrilège de transformer l'Or des sages en vulgaire plomb de la pire cupidité. C'est hélas! ce qui caractérise trop souvent le cas des prières que font les ignorants en proposant, à la divinité à laquelle ils s'adressent, de leur accorder un Don en échange d'une dérisoire offrande aussi vulgaire qu'insignifiante et indigne des plans supérieurs. Les conséquences de ce type de dévoiement, qui consiste à oublier que celui qui donne n’attend rien en retour, te condamnerait à une rechute calamiteuse, car le farouche Gardien des portes du Temple, que tu ambitionnes de franchir, serait parfaitement intraitable, et n'imagine pas une seconde pouvoir déjouer sa vigilance et sa capacité de discernement subtil. 

Cette mise en garde étant faite, pour répondre clairement à ta  présente question, ton édifice spirituel devra être constitué de Connaissances dont chaque élément sera rigoureusement taillé pour avoir les caractéristiques d'une pensée juste en vertus, et l'ensemble devra reposer sur les solides fondations des Principes les plus intemporels. Nos bâtisseurs de Cathédrales détenaient des secrets qu'ils ne transmettaient qu'à ceux capables d'en respecter la valeur, et sans commettre le sacrilège d'une profanation par une perception vulgaire et un grossier comportement d'ignorant. C'est pour cette raison qu'ils étaient constitués en compagnonnage dont la doctrine reposait sur un fort contenu ésotérique, spirituel et fraternel.


Maître, voudrais-tu dire que tous les efforts d’apprentissage et de connaissances que j’ai pu accumuler, par mes recherches et mes travaux, n’ont aucune valeur et que je dois accepter de les sacrifier ?


Tes efforts passés n’ont de valeur que celle de t’avoir permis d’être ce que tu es actuellement, et c'est déjà beaucoup. Mais cette valeur ne te sera d’aucune utilité pour ce que tu aspires à devenir, si tu n'y ajoutes pas les valeurs qui te permettront de poursuivre la croissance de ton oeuvre en cours de construction. 

Croire que tu dois rester accroché à ce qui est condamné à ne plus avoir qu'une valeur anecdotique, compte tenu de l'avancement de ton ouvrage, est le meilleur moyen de ne plus pouvoir évoluer. À quoi te serviront les marches que tu viens de monter pour parvenir à gravir celles qu'il te reste à franchir pour atteindre un étage supérieur de l’escalier ? À rien ! bien évidemment, puisque pour atteindre ton but, il faut que tu acceptes de les oublier (sacrifier) au profit de nouvelles dont tu ne t’épargneras pas l’effort consistant à en faire la construction en même temps que l’ascension (épreuve et mise en pratique). 

L’autosatisfaction et la contemplation des acquis, par celui qui entreprend son évolution, sont en la circonstance les deux mâchoires du redoutable piège que lui tendent sa vanité et sa suffisance. La quête de la perfection n’est qu’une ligne d’un horizon spirituel sans cesse mouvant, et cette quête implique, pour l’officiant, qu’il sache se détacher de tout ce qui l’a aidé à progresser antérieurement, mais qui, grâce à cette évolution, sont devenues par obsolescence des imperfections susceptibles d’altérer considérablement la clarté de sa clairvoyance, et d'entraver son évolution s'ils ne sont pas correctement hiérarchisés. 

Les marches que tu as réussi à construire et à gravir, si tu devais t'arrêter là, ne te serviraient plus qu'à te maintenir à ton niveau actuel, dans le meilleur des cas, et dans le pire : à redescendre. C’est ici qu’intervient la notion de sacrifice, car ces acquis antérieurs ont eu, en leur temps, un grand intérêt et sont indubitablement la principale ressource ayant permis à ta Conscience d’élargir considérablement son champ des possibles et ses capacités. Ici, tu dois comprendre que sacrifice ne veut pas pour autant dire profanation de ces acquis. Les enseignements de l’école primaire ne sont pas méprisés par un universitaire, mais ils sont sagement hiérarchisés, dans la Mémoire de sa Conscience, au rang qui doit être le leur en rapport du service rendu, mais qu’ils ne peuvent plus rendre que comme richesses à distribuer généreusement qu'à plus pauvre que soi. 

Tu devras conserver une certaine gratitude pour ce que tes efforts d'apprentissage et tes connaissances t'ont apportés, car ne pas le faire est comparable à un vice. C'est d'ailleurs pour cette raison que ceux qui pratiquent le service désintéressé au profit de l'utilité commune doivent le faire sans jamais ne rien attendre en retour, mais aussi sans permettre que le Don soit profané par une ingratitude, puisque cela reviendrait à s’en rendre complice en permettant la pratique de ce vice par le bénéficiaire de ce Don. Ici, tu pourras apprécier la difficulté de la pratique des vertus qui requiert de la part de l'officiant un discernement d'une grande subtilité, et que cette pratique soit de préférence accompagnée d'une vision multidimensionnelle. 

Tu pourras aussi constater, après mes quelques développements, que contrairement à ce que renferme ta question, tout ce que tu as accumulé conserve la valeur qui fait ta propre richesse et dont tu pourras, le moment venu, décider d'en faire profiter ceux qui viendraient à solliciter ta générosité. 

Enfin, pour répondre par un exemple concret à ta question : à quoi te servirait d'avoir des chaussures de taille 40, alors que par l’évolution de ta croissance organique tu as maintenant une pointure de 43 ?



Maître, que se passerait-il si je ne distribuais pas généreusement les richesses accumulées?




Si tu manquais à ce point de générosité spirituelle, ce serait là une terrible chose. D'abord, cela pourrait signifier que tu as reçu ces richesses sans pour autant les utiliser correctement pour ton usage personnel, à savoir ta propre évolution. Ensuite, en te montrant indigne du Don reçu, tu te condamnerais tout simplement à ne plus en recevoir, et par voie de conséquence à ne plus pouvoir évoluer. 

Tu peux aussi accumuler ces Dons, les utiliser à ton usage personnel sans pour autant en faire profiter tes semblables. Tu ferais alors preuve d'une ingratitude manifeste, puisque comme j'ai eu l'occasion de te l'expliquer précédemment, le seul moyen que tu as de t'acquitter de ta dette karmique, envers ceux qui t'ont généreusement nantis sans rien exiger en retour, est de faire preuve de la même prodigalité pour aider tes semblables à évoluer en les faisant profiter généreusement de ta propre évolution. Si tu ne le faisais pas, cette ingratitude serait par elle même une profanation sacrilège des richesses reçues. 

En plus de ce vice d'ingratitude, ceux qui n'honorent pas leurs bienfaiteurs, en ne respectant pas la chaîne de solidarité spirituelle servant l'utilité commune - en participant modestement à la transmission des Enseignements de la Sagesse immémoriale -, se condamnent à la thrombose des délicats circuits éthériques par lesquels se propagent les subtiles énergies praniques si essentielles à l’équilibre et l’épanouissement de la Conscience et de ses corps de manifestation. Ce qui est en haut étant comme ce qui est bas, cette thrombose spirituelle aura des effets aussi délétères que celle se produisant dans un corps physique dense. 

Pour en revenir à la question initiale de ce dialogue, tu pourras constater que ce qui est réclamé comme "sacrifice", pour passer d'un niveau de l'évolution à un autre, n'a rien à voir avec la connotation extrêmement péjorative qui en est donnée, par des ignorants et des faux prédicateurs, à ce terme sur le plan intellectuel ou sensoriel. Connotation péjorative qui a donné lieu à cet affreux et cruel symbole de la crucifixion corporelle christique. Ici, pour ce qui nous concerne, le Sacrifice est, par sa générosité et son altruisme, la plus sacrée des oblations spirituelles qu'il nous est possible d'offrir aux dieux et au Divin Créateur, Père originel de cet inestimable Don d'Amour absolu qu'est la Vie. 

Les petits "sacrifices" que doit effectuer la Conscience, tout au long de son parcours évolutif, pour passer d'un état à un autre, est in fine sa principale source d'enrichissement. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous retrouvons, dans toutes les grandes traditions religieuses ce Principe, en général fortement dévoyé au profit de la cupidité d'un clergé âpre aux gains, du rituel de l'offrande aux divinités sous forme de sacrifices. Même lorsqu'il est fortement abâtardi sur le plan intellectuel, le sacrifice de l'offrande reste malgré tout, même si cela est faible, un processus d'enrichissement commun entre le donateur et le bénéficiaire. 

Le Sacrifice ne prend véritablement toute son amplitude que sur le plan spirituel et selon l’intention du sacrifiant et la signification du sens le plus Cachant donné à ce terme. Alors, et seulement dans ces conditions, le Sacrifice remplit sa fonction alchimique qui est celle de la lumineuse transfiguration de la Conscience faisant volontairement cette offrande, comme l'évoque selon le langage analogique, la légende christique, et confirmée par l’axiome qui veut que nul ne s’élève si son élévation n’entraine pas aussi celle d’un certain nombre de ses semblables. 

Voilà ce que tu dois parvenir à accomplir pour devenir un disciple. Et rappelle-toi constamment que ce que tu appelles un "sacrifice" est d’abord un « don » tout autant qu’une offrande, qui, lorsqu’elle est pratiquée dans le cadre du service désintéressé, est la seule qui soit digne des dieux et conforme au Dharma.



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dimanche 24 avril 2016

Dialogues N° 12 : La source de toutes choses (MAJ DU 21/05/2016)


Maître, tu dis que le parleur silencieux s'adresse subtilement à chacun de nous, mais que nous ne lui prêtons que rarement attention tant notre clairaudience est si faiblement développée. Quelle voix a-t-il pour que je puisse le reconnaître ?


Ce Parleur silencieux aura la voix qui t'est la plus familière sans provoquer chez toi d’état émotionnel de subjugation, de stupeur, d'idolâtrie ou de mysticisme hypnotique et délirant, c’est à dire : la tienne lorsque tu te parles dans le silence de ta propre méditation. Et si tu cherches à savoir comment distinguer le Parleur silencieux de ta propre voix intérieure, il te suffit de constater, avec l'humilité qu'il convient d'avoir, que les pensées qu'exprime le Parleur silencieux sont de très loin supérieures en subtilité, en sophistication et inspiration à tes capacités intellectuelles qui seraient dans l'impossibilité d'en produire d'aussi justes et vertueuses. 

Ceci implique, pour distinguer les pensées subtiles qu'il s'efforce de te transmettre des tiennes, d'avoir une finesse d'écoute attentive et  un discernement de même nature que celle de ton Parleur silencieux, pour ne pas les polluer et les déformer avec les tonalités vibratoires plus épaisses que produisent tes basses émotions et ton intellect raisonneur. 

Pour distinguer les messages de ton Parleur silencieux, de ceux que produisent tes enveloppes sensorielle (subconscient) et intellectuelle (Conscience égotique de la forme), il te faudra d'abord commencer par ta propre prise de Conscience en tant que Penseur se distinguant clairement des pensées qu'il utilise. Le conducteur d'un véhicule peut faire corps avec ce dernier, durant le temps de sa conduite, mais il restera toujours différent (séparable) de son moyen de transport. Ton Parleur silencieux n'est pas accessible en dehors de la voie de communication interne, encore faut-il que tu sois capable d'établir et de maintenir cette voie de communication qui ne devient véritablement effective que par la méditation, c'est-à-dire lorsque le Penseur que tu es décide de mettre une sourdine aux tintamarres des sollicitations extérieures et horizontales de l'enveloppe sensorielle et les perturbations qu'engendrent les désirs, passions et émotions propres à l'enveloppe intellectuelle. 

Si tu suis attentivement le processus que je m'efforce de t'expliquer, tu dois inévitablement arriver à la conclusion que si ce n'est pas par le canal sensoriel ni celui de l'intellect raisonneur, que tu puisses percevoir ton Parleur silencieux, il ne te reste plus que ta Faculté intuitive comme instrument de communication. Car, et c'est là que réside toute la difficulté de ce mécanisme subtil, ce que peut te transmettre ton Parleur silencieux est plus de l'ordre du phénoménal (langage analogique et sens Cachant) que du raisonnable (causalité et sens Parlant et Signifiant). Ce que la normalité ambiante accepte de considérer comme étant une "inspiration", elle ne pourra se la rendre correctement intelligible qu'après une longue démarche de structuration causale, avec ses inévitables déformations et altérations. Car si sur le plan de l'intemporel le chat du Cheshire, que l'on croise dans le conte Alice au pays des merveilles, peut être et ne pas être en même temps, sur celui du temporel il est condamné à être ou ne pas pas être, soit l'un soit l'autre, mais pas les deux en même temps. Ceci implique une certaine distorsion lors de la traduction.  

En poursuivant toujours plus avant tes déductions, tu ne pourras pas manquer d'arriver à l'évidence impliquant que tu ne puisses activer ta Faculté intuitive sans avoir recours à la Foi. Foi qu'il ne convient pas de confondre avec un principe religieux, mais à considérer véritablement comme une Faculté supérieure propre à te permettre d'évoluer au sein des Lois de la Providence, comme l'intelligence permet au cerveau d'évoluer au sein des lois de causalité propre à son incarnation. 

Lorsque tu auras correctement assimilé ce que je tente de te communiquer, tu comprendras que si le Parleur silencieux, en rapport avec l'état de ton évolution karmique et de ton champ de Conscience, ne cesse de s'exprimer, tant que tu ne t'es pas mis en condition de recevoir ses messages, tu resteras dans la situation d'un malentendant incapable de percevoir les nuances de l'harmonie musicale d’une symphonie sublime.




Maître, serait-il donc possible que je puisse avoir des pensées qui ne soient pas issues de ma propre Conscience ?



Ta question suppose que tu puisses imaginer être le créateur de tes propres pensées, alors que tu ne te contentes que de les recevoir, soit de l’extérieur pour ce qui est de l’essentiel de ton patrimoine intellectuel et sensoriel, soit de l’intérieur pour ce qui est de ton patrimoine spirituel, et à la condition que tu sois parvenu à construire ton antahkarana, ce canal de communication occulte. 

Lorsque tu réaliseras que ta Conscience est essentiellement ce formidable capteur de pensées, tu seras en mesure de distinguer les pensées du Penseur. Pour t'aider à visualiser ce processus, compare la Conscience à un complexe microprocesseur d'un très puissant ordinateur, et les pensées à différents programmes qui permettront à cet ordinateur d'exprimer, sous forme de données (sons, images, textes, calculs, moyens de communication et même production d'objets en trois dimensions), toutes les richesses de ses potentialités. 

On retrouve dans les mécanismes informatiques, sous une déclinaison nettement plus rustique et grossière, les principales strates des trois Mondes et de son mode de fonctionnement ternaire que sont les Principes, les Causes et les Effets. Ceci rejoint le résultat des recherches effectuées par un grand logicien et mathématicien Français M. J.L. Krivine (le frère d'Alain), qui a démontré l’existence de ce qu'il appelle le Lambda-calcul. En résumé et en langage profane accessible pour le plus grand nombre, donc nécessairement caricatural, le Lambda-calcul serait le langage universel de programmation de l'ensemble de la Création et de l’ordinateur humain (la Conscience incluse)… Et nos langages de programmation informatiques ne seraient rien d’autre que des projections extérieures très atrophiées de ce langage universel. 

Tant que tu ne seras pas capable de comprendre que la pensée est une chose et le Penseur en est une autre très différente, tu te condamneras à n'être que la pensée à laquelle tu t'identifies, et qui n'est pas autre chose qu'une forme d'asservissement puisque, comme le démontre l'exemple informatique qui précède, la pensée vaut moins que le Penseur. Plus concrètement, le programme vaut moins que le microprocesseur qu'il utilise pour s'exprimer. Une pensée, tu peux la recevoir sans pour autant l'assimiler. Ce n'est qu'après avoir fait cet effort d'assimilation que le Penseur s'approprie une pensée, soit en la domestiquant pour l'utiliser à la réalisation de son dessein, soit en se laissant dominer par elle et en devenir tributaire au point de croire qu'elle est indissociable de la Conscience (le Penseur). 

Une pensée que tu assimiles et maîtrise volontairement n'en est pas moins quelque chose qui préexistait avant que le Penseur la reçoive et l'assimile, et qui continueras d'exister bien après que le Penseur ait décidé de s'en séparer, afin de poursuivre son évolution, au profit d'une autre qu'il aura trouvée plus en adéquation avec l'état de développement des capacités de sa Conscience.




Maître, voudrais-tu dire que nous ne sommes pas les créateurs de nos propre pensées ?





Tu pourras constater avec moi que cette déduction, sur laquelle repose ta question, révèle un manque de discernement de ta part pour cause d'une certaine dose d'ignorance qu'il te faut rapidement combler. 

Je veux juste te rappeler qu’il n’y a et n’y aura jamais qu’Un seul et unique Divin Créateur. Que cette sublime fonction est ce qui Le caractérise et le différencie de l’ensemble de sa Création. Tu ne seras jamais capable de créer quoi que ce soit de matériel en partant de rien, comme tu ne seras pas davantage capable de créer la moindre pensée qui elle - plus encore que toute création matérielle constituée d'une part importante de Substance -, contient essentiellement de l’Essence (Esprit). Cette Essence est donc cette source d’Énergie vitale, sans laquelle aucune expression matérielle ou physique ne pourrait se manifester. Bulwer Lytton, dans son célèbre roman Zanoni, disait fort justement que la pensée est une âme. 

En réalité pas plus qu'un programme informatique ne peut manifester ses capacités sans le recours à un ordinateur, une pensée ne peut s'exprimer tant qu'elle n'est pas assimilée et mise en mouvement par une Conscience seule capable de permettre le traitement et l'exécution des instructions qu’elle contient. Une pensée, comme un programme informatique, est donc dans son état latent (statique), en contingence d'être. Elle contient les données qui définissent ses fonctionnalités et ses limites d'utilisations nécessitant une certaine quantité d'Énergie Vitale extérieure pour exprimer ses potentialités. Ceci a une certaine importance, et lorsque tu l'auras correctement assimilé cela te permettra d'élargir le champ de ta faculté de discernement. En effet, bien qu'une pensée soit une réalité subjective parfaitement abstraite, lorsqu'elle s'exprime c'est toujours parce qu'une Conscience décide de la mettre en action (mouvement), avec pour effet de lui donner une forme concrète éphémère qu'elle soit verbale, écrite, sonore, magnétique, lumineuse, odorante ou/et physique. C'est pour cette raison que les occultistes parlent d'une pensée-forme. Si tu te limites à percevoir la pensée, sans tenir compte de la Conscience qui la véhicule et exécute les instructions qu'elle contient en fonction de ses propres capacités, tu es dans la même situation du sot qui regarde le doigt d'un maître lui désignant la lune, au lieu de regarder cette dernière. 

À  la différence de nos ordinateurs, qui n'ont pas encore le libre arbitre de choisir les programmes qu'ils souhaitent utiliser (ce à quoi l'intelligence artificielle essaie d'y remédier), la Conscience (le Penseur) dispose, selon l'état de développement de ses Facultés, d'une certaine liberté pour choisir ses propres pensées (programmes) et de leur éventuelle opportunité de mise en activation selon sa volonté et le dessein qu'elle entend accomplir. Si nous ne sommes pas les créateurs des pensées (programmes) nous restons avec notre Faculté de co-création (ou procréation) en tant que Conscience, et de par notre filiation qui nous fait l'ombre du Divin Créateur, les opérateurs capables d'utiliser ces pensées en fonction des caractéristiques qui leurs sont spécifiques, pour accomplir un dessein qui lui, est propre à la Conscience. 

Pour en revenir à ta question, sache que si tu n'es pas capable de pouvoir créer quoi que ce soit de matériel en partant de rien, tu ne seras pas davantage capable de créer une pensée sans utiliser d'autres pensées déjà existantes, et donc tu ne pourras revendiquer la moindre paternité. Il en sera de même de chaque mot dont tu tenteras d'utiliser, plus ou moins correctement, l'énergie qu'il contient pour construire, par un assemblage plus ou moins cohérent, une phrase mantrique afin d'essayer d'exprimer ta vision imparfaite concernant les choses que tu es capable de percevoir dans l'état actuel de ton évolution. Qu'est-ce donc que cette pseudo "pensée" imparfaite que tu croiras avoir créée, si ce n'est qu'une illusion inconsistante, éphémère, périssable et totalement insignifiante ?

Rien de nouveau sous le soleil, et ce qui sera fut!




Maître, mais alors quels sont le rôle et la fonction de la Conscience dans ses rapports avec les pensées ?




La Conscience, selon son état d’évolution, est un capteur de pensées plus ou moins subtiles. Dans un premier temps, elle captera d’abord des pensées sensorielles, en rapport de la satisfaction des besoins corporels, influencés par les sollicitations de son subconscient ; puis viendront des pensées intellectuelles, en rapport avec les désirs, passions et émotions engendrés par des sollicitations extérieures qui correspondront aux conditions d'incarnation et l'état du patrimoine karmique de la Conscience. Enfin, elle pourra, si elle le décide volontairement, accéder à des pensées spirituelles en rapport avec les aspirations d'une Conscience devenue sensible aux sollicitations occultes intérieures et aux pensées subtiles que ne cesse de lui adresser son Parleur silencieux. Pendant cette première phase, ce qui représente un grand nombre d'incarnations, la Conscience sera convaincue qu'elle produit ses pensées, et que ces dernières ne font qu'une avec elle. Durant toute cette période, elle croira que les pensées qu'elle utilise sont des aspects d'elle-même, tant qu'elle ne percevra pas que pour recevoir ces pensées il a fallu plusieurs types de Consciences pour les véhiculer jusqu'à elle. 

Ceci nous renvoie aux deva et aux asura pour les pensées que nous captons de l'intérieur, et à nos semblables, qui sont nécessairement les expressions de deva ou d'asura, pour celles que nous recevons de l'extérieur. En ayant l'illusion que ces pensées et le Penseur ne font qu'un, la Conscience, par ignorance ou faiblesse, se met sous leurs dominations, d'où la possibilité laissée à de nombreux petits démons de venir manipuler ses sensations, ses émotions, désirs, passions, et en même temps asservir cette Conscience dans l'incapacité de discerner correctement le Penseur des pensées qu'il utilise. Dans un deuxième temps, la Conscience apprenant à distinguer, de plus en plus correctement le Penseur (prise de Conscience par élargissement de son champ de Connaissances) des pensées utilisées, elle est plus à même d'activer sa faculté volitive et d'utiliser le véritable pouvoir de son libre arbitre non pas pour servir ces pensées, mais pour utiliser celles-ci en les domestiquant afin qu'elles restent à la place qui est la leur, et qui est celle de favoriser le dessein que doit accomplir la Conscience les ayant assimilées (alignées) et maîtrisées (stabilisées). 

Tu remarqueras que si dans le premier temps, la Conscience étant dans l'incapacité de distinguer le Penseur des pensées, ce sont donc ces pensées qui s'imposent au Penseur et lui dictent les conditions de son comportement, alors que dans le deuxième temps, ce qui suppose un considérable développement des capacités de la Conscience, c'est le Penseur qui choisit et sélectionne rigoureusement les pensées qu'il entend recevoir, assimiler et faire rayonner selon son libre arbitre et le pouvoir de sa détermination. Il y a donc un rapport de soumission (lois de causalité) pour la Conscience ne maîtrisant pas ses pensées, dans la première phase ; alors que dans la deuxième phase, il y aura un rapport de collaboration (lois Providentielles) entre le Penseur et les pensées, puisque dès lors c’est la Conscience qui effectue volontairement - selon ce qu'elle décide d’accomplir -, le traitement et l'exécution des instructions (paramètres) constituant la spécificité d'une pensée. 

Tant que le roi n'assume pas la pleine responsabilité de son règne, ce sont les maires du palais qui usurpent son pouvoir. Lorsque la Conscience parvient à connaître ses capacités et la façon d'utiliser les pensées, elle peut alors exprimer le puissant pouvoir de co-création de sa nature dévique.


Maître, si la Conscience ne crée pas ses propres pensées, comment peut-elle alors se différencier de l’universel et de ses semblables par des pensées qui la caractérisent plus spécifiquement ?


Elle peut se différencier justement par ce pouvoir qu’elle active progressivement, à chaque niveau d’évolution, et dont elle a hérité de par sa filiation divine et qui est : la co-création. 

Ce pouvoir lui permet non pas de créer des pensées, mais de recevoir, d’assimiler et d’assembler, ainsi que de faire rayonner un ensemble plus ou moins original et subtil de pensées (comme un enfant le ferait en utilisant différentes briques d'un jeu de Lego), pour produire (animer) des formes plus ou moins complexes, dont l’infinie diversité des pensées offre une multiplicité d’assemblage pratiquement sans limites. 

Lorsque la Conscience commence à distinguer correctement la pensée du Penseur, elle découvre en même temps l’étendue des possibilités qu’il possède véritablement en matière de co-création, le fameux sceptre du pouvoir que l’on retrouve dans l’un des tropes du Sepher de Moïse :

26°) Et-il-dit, Lui-les-Dieux (déclarant sa volonté), nous-ferons Adam en-ombre-nôtre, conformément-à-l’action-assimilante-à-nous : et-ils-tiendront-le-sceptre ; (ils régneront, eux Adam, l’homme universel) , dans-les-poissons des-mers, et-dans-les-oiseaux des-cieux, et-dans-le-genre-quadrupède, et-dans-toute-mouvante-vie se-mouvant-sur-la-terre.

Pour en revenir à ta question, tu pourras constater, en prenant en considération mes indications précédentes, qu'une Conscience exprime la spécificité de son état d'évolution par les pensées qu'elle choisit de recevoir (écouter/lire/toucher/sentir), qu'elle fait volontairement l'effort d'assimiler et auxquelles elle décide de s'identifier. Comme il y a une infinité de combinaisons possibles à chacune de ces étapes, les Consciences peuvent parfaitement se différencier les unes des autres et exprimer une multitude d’états d’évolution fort différents et de formes de manifestation. On retrouve sur le plan matériel le même Principe, selon l'axiome de la Table d'Émeraude qui veut que ce qui est en haut soit comme ce qui est en bas, et inversement, dans le processus d'assemblage des atomes donnant différentes productions de matières, d'énergies et de formes.  

Quant à l'Universel, une Conscience en restera forcément différenciée tant qu'elle est en état de perfectionnement. État duquel dépendra l'étendue de son pouvoir de co-création, lui-même directement corrélé au niveau de Connaissances accumulées par cette Conscience. Ce pouvoir de co-création se limitera à la procréation organique sexuelle lorsque la Conscience sera uniquement focalisée sur le plan sensoriel physique ; puis à des productions aussi éphémères que plus ou moins créatives, dérisoires et hétérogènes que sont les sciences, les arts, les cultures, les philosophies, les religions et les politiques, et ce, tant que la Conscience reste focalisée dans son corps intellectuel ; enfin, lorsqu'elle parvient à tenir fermement le Sceptre du pouvoir de sa forme glorieuse originelle dévique, elle est en capacité de pratiquer la véritable co-création de la Haute Magie, celle qui permettait à Adam, avant sa chute dans le péché d'ignorance, d’exercer son pouvoir de faire advenir par des pensées justes en vertus, tout ce à quoi il était capable de donner un Nom, ce qui revient à dire : à penser. 

Lorsqu'une Conscience, par un long travail d'épuration, de transformation et de transmutation, parvient à la réalisation de la pierre philosophale, la tonalité vibratoire de son rayonnement se répercute dans les trois Mondes et reçoit le concours de toutes les puissances divines entrant en résonance avec cette tonalité conforme à la leur, et grâce auxquelles puissances, la matière de l'ouvrage peut se transfigurer par la seule volonté spirituelle de l'oeuvrant pour produire l'or des sages combinant l'oeuvre et l'oeuvrant.



Maître, qu’est-ce qui différencie les pensées issues des sollicitations extérieures, de celles issues des sollicitations intérieures ?



Les pensées issues des sollicitations extérieures (transmises selon une longue chaîne dégénérative de communication du savoir) sont soit très pauvres en Énergie Vitale, mais possèdent un reliquat d'énergie fossile, par ailleurs extrêmement polluante, assurant juste de quoi leur donner une fausse apparence éphémère, sans aucune véritable qualité intérieure, ce qui se traduira par la manifestation d'un verbiage creux et sans pouvoir. Soit elles sont pourvues d'une faible quantité d'Énergie vitale qui, combinée avec l'énergie fossile, donnera à l'intelligence un verbe capable de produire d'une façon prolifique et hétérogène des illusions d'une grande insignifiance tout en ayant un fort pouvoir d'attraction. Même si elles peuvent prétendre à une durabilité plus grande, elles n'en sont pas moins toutes aussi éphémères et chimériques que celles du verbiage le plus creux, mais sont encore plus polluantes, brutales et destructrices. Tandis que les pensées issues des sollicitations intérieures seront davantage pourvues d’Énergie Vitale, dont les moins riches, pour cause de manque d'épuration de la Conscience qui tentera de les faire rayonner, viendront des asura et donneront des pensées justes, mais sans aucune vertu. Catégories de pensées habituellement utilisées par les «sorciers» uniquement préoccupés de leurs petits intérêts égoïstes, et sans préoccupation de savoir si cela peut être utile ou nuisible à autrui. 

Les Consciences les plus richement dotées en Énergie vitale seront celles ayant concentré le maximum de pensées justes - ce qui suppose une forte élimination des pensées peu justes -, que le Penseur ne mettra en pratique que dans le cadre de l'ascèse qu'est la pratique des vertus, faisant de lui un Mage, car il n'aura que pour seule préoccupation le service désintéressé au profit de l'utilité commune. Le Rayonnement de ces pensées justes en vertus conférera aux Consciences, qui sauront rigoureusement les recevoir et les assimiler, un redoutable pouvoir d'influence lors de leur rayonnement (mise en pratique), capable d’agir sur un nombre considérable d’autres Consciences infra-humaines, humaines et supra-humaines. C’est aussi comme cela que les dieux et les démons peuvent intervenir dans les différentes civilisations humaines, sans avoir la moindre nécessité de s'incarner directement. Il leur suffira de faire rayonner leurs pensées sur une tonalité vibratoire qui sera perçue par des Consciences humaines en incarnation et dont l'état d'évolution les fera entrer en résonance avec cette tonalité. 

Donc, pour en revenir à ta question, tant que la Conscience n'est pas en capacité d'établir une communication par la voie intérieure, elle ne recevra que des pensées issues des sollicitations extérieures (basses intensités vibratoires et appauvrissement énergétique) et uniquement par l'intermédiaire de ses semblables. Si cette Conscience a plus de possibilités, grâce à sa capacité d'une écoute attentive de son Parleur silencieux, d'être en relation par sa voie intérieure, selon son état d'évolution, avec certaines catégories d'esprits supérieurs,  elle aura aussi à se confronter à une surabondance de sollicitations extérieures venant des asura, utilisant plus facilement la communication horizontale de l'intellect raisonneur, sous forme de désirs, passions et émotions pour se manifester en tentant de saturer les capacités de réception subtile de la Conscience, et ce, afin de pouvoir maintenir leur emprise et leur domination sur celle-ci. Ces asura tenteront de faire obstacle aux pensées volatiles de haute intensité vibratoire de la voie intérieure en effectuant un tintamarre constant par la voie extérieure. Le meilleur moyen de maintenir une Conscience sous asservissement intellectuel et physique consiste à l'empêcher de penser par elle-même en occupant son attention par des frivolités, des désirs futiles et des illusions. 

Ce n'est que lorsque le Penseur aura retrouvé la maîtrise de son libre arbitre qu'il pourra volontairement faire obstacle à cette saturation en procédant à l'épuration de ses pensées, dans le dessein de séparer celles venant de l'extérieur de celles venant de l'intérieur, ce qui suppose un discernement très subtil, la maîtrise de ses sens et de solides Connaissances.


Maître, tu voudrais dire que les pensées peuvent être aussi de puissantes forces, de destruction ou de construction, instrumentalisées par des divinités déviques ou asuriques ?

C’est exactement la réalité subjective abstraite qui est constamment à la manoeuvre dans le processus involution/évolution. Comme il y a, au sein de l'humanité, des intelligences se préoccupant de se consacrer à l’esprit de Bien, et d’autres ne se complaisant que dans la pratique négative et involutive de ce qui leur est uniquement profitable - sans se soucier des nuisances que cela occasionne -, il y a sur les plans et dans les Mondes supérieurs, des deva (Mages) et des asura (sorciers) qui sont capables d’utiliser le pouvoir de co-création ou de co-destruction. Ces différents pouvoirs s’expriment par l’intermédiaire des pensées venant séduire les Consciences qui se sont rendues réceptives à leurs tonalités vibratoires, et dont le Penseur est encore dans l'incapacité de les discerner et de les maîtriser au point de se faire aliéner par elles. 

Pour illustrer ce processus, tu peux prendre l'exemple de la façon dont les êtres humains utilisent les différentes formes d'énergies auxquelles ils ont accès lors de leurs incarnations. L'utilisation déraisonnable (sans vertus) des énergies fossiles engendre des catastrophes sans nombre, que ce soit en matière de pollution environnementale (épuisement et pillage des ressources), mais aussi alimentaire, médicale, politique (guerre des ressources, corruption), philosophique (grande importance accordée au matérialisme) scientifique (recherche essentiellement orientée pour des profits rapides ou des moyens de domination tant physique qu'intellectuelle). L'utilisation excessive des énergies fossiles produit invariablement un asservissement des populations et un appauvrissement spirituel des individus. Or, pour parvenir à un développement des Consciences qui se trouvent sous le joug de cette Maya scientifico-moderniste et financière, il faut d'abord changer de logiciel du Penseur pour remplacer celui de la psychologie purement intellectuelle, par celui d'une psychologie pleinement spirituelle n'utilisant que de l'Énergie Vitale la plus pure : celle des pensées justes en vertus. Vertus dont on peut constater qu'elles font cruellement défaut à la psychologie intellectuelle, dont l'actuelle civilisation est la pleine expression de sa capacité de perversions, de corruptions, de régressions et de destructions. 

Pour parvenir à remplacer le paradigme du modèle de pensées de la psychologie intellectuelle par celui de la psychologie spirituelle, il va falloir à la Conscience, outre une volonté à toute épreuve, une prudence et une patience de même nature, car le processus doit s'effectuer progressivement et paisiblement. En effet, compte tenu de l'ancienneté de la programmation intellectuelle dont les critères sont parfaitement adaptés à la normalité ambiante matérialiste et égocentrique, un changement rapide et brutal aurait des conséquences préjudiciables dont une des pires serait une désocialisation rapide et déstabilisante de l'individu. C'est dans ces circonstances que l'on peut constater le pouvoir d'asservissement ou de libération d'une pensée. Celles de la psychologie intellectuelle auront pour vocation d'aliéner le Penseur à ce qu'il prend pour une évidence raisonnable puisqu'elle sera localement communément partagée. 

Croire qu'un médicament, issu de la recherche des laboratoires pharmaceutiques et validé par les autorités gouvernementales, est le moyen de guérison le plus approprié pour un malade est ce qui est communément partagé dans le cadre de la normalité ambiante ayant été endoctrinée à cette idée. Mais lorsque le Penseur, par ses efforts de quête de vérités, découvre qu'en réalité les laboratoires pharmaceutiques ne cherchent pas un remède spécifique pour guérir une maladie - ce qui leur ferait perdre leur potentiel de clients au fur et à mesure des résultats positifs que leur remède répandrait -, mais seulement à soulager temporairement le malade des principaux troubles occasionnés par sa maladie, il ne peut que démonétiser dans son esprit l'idée que seul le médicament issu des laboratoires pharmaceutiques est capable de guérir. Bien évidemment, si le Penseur se met à faire état de cette réalité masquée par un habile endoctrinement collectif, il fera l'objet de critiques, de calomnies, d'opprobre, de discrédit et dans le pire de cas de poursuites judiciaires, car dans la normalité ambiante du Kali Yuga, la vérité révélée est condamnable, mais pas la tromperie et la dissimulation. 

Par cet exemple tu pourras constater à quel point une pensée intellectuelle matérialiste sera rapidement destructrice tant pour ceux qui la prennent pour juste, que pour ceux qui viendraient à la contester ouvertement. La prudence sera donc de maintenir en apparence, vis-à-vis de la collectivité, la pensée intellectuelle pour se maintenir sans problème dans le courant de la normalité ambiante, et agir en fonction de ses convictions profondes selon la pensée la plus juste en vertus ayant subi le test de la mise à l'épreuve, et qui s'avère secourable, salvatrice et libératrice. En faisant cela, la Conscience s’affranchit de l’emprise des asura pour se mettre librement au service des deva.



Maître, n'est-il pas contraire à l'éthique spirituelle de masquer ses convictions et de laisser croire le contraire de ce que l'on pense ?



Ce qui serait contraire à l'éthique spirituelle ce serait de masquer ses convictions dans le but de nuire à autrui. Mais s'il n'est pas possible de faire boire un âne qui n'a pas soif, il n'est pas plus possible de convaincre une foule d'ignorants se complaisant dans le confort du moindre effort de leurs routines imbéciles communes. Peu importe que chacun de ses membres ait tort, puisque le plus grand nombre pense comme lui, et cela est suffisant pour le rassurer, au moins temporairement tant qu'il n'a pas à se confronter aux implacables lois de la Nature, ce qui finit toujours par advenir. 

L'éthique spirituelle repose sur le principe : ne pas nuire. Cela vaut tant pour autrui que pour soi-même. C'est aussi une des situations à laquelle sera confrontée la Conscience ayant repris le contrôle de sa volonté, de son libre arbitre et de son intelligence. À quoi sert-il de dire la vérité à celui refusant obstinément de l'admettre comme telle, y compris et surtout avec la plus grande mauvaise foi aveugle, car s'il devait l'accepter cela reviendrait à lui faire subir un tel séisme intellectuel qu'une grande partie de son édifice psychologique serait ébranlé et durablement fissuré, quand ce n'est pas pour finir en ruine. Si seuls ceux qui ont soif peuvent être abreuvés, seuls ceux qui cherchent sérieusement la Connaissance peuvent être éclairés et initiés, et encore uniquement selon leurs mérites. Ici nous retrouvons le nécessaire discernement subtil que doit avoir le Penseur souhaitant utiliser correctement les pensées qu'il reçoit, assimile et entend faire rayonner. Masquer ce rayonnement, dès lors où il ne serait ni profitable à autrui, ni libérateur et qu'il puisse être préjudiciable à l'émetteur de ce rayonnement devient une conduite parfaitement conforme aux règles éthiques propres au Dharma. 

L'Histoire nous démontre que ceux qui se sont crus fondés à vouloir faire le bonheur des autres sans leurs consentements, ont fini soit sur le bûcher, soit sur la croix, soit sur l'échafaud ou devant un peloton d'exécution. Comme le dit si justement la chanson : le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté. Giordano Bruno, cet ancien frère dominicain, s'appuyant sur les travaux de Nicolas Copernic et de Nicolas de Cues, a développé sa théorie de l'héliocentrisme. Malgré la justesse de ses pensées, qu'il tentait de faire connaître au monde, il a fini condamné pour hérésie et a été brûlé vif au terme d'un procès l'opposant à l'obscurantisme imbécile de la normalité religieuse ambiante de l'époque. Cette même normalité religieuse regrettera 400 ans plus tard de l'avoir fait brûler vif, puisqu'il disait le vrai, tout en refusant sa réhabilitation pour cause de même aveuglement récurant et dogmatique. Comme le dit l'adage latin : Errare humanum est, perseverare diabolicum

Tu comprendras, par cet exemple dramatique, que la vérité la plus subtile a le même statut que la Connaissance vis-à-vis du savoir, elle est une quête et non un dû. Dans la Grande tradition Hermétique, pour se préserver de cette perversité que l'ignorance active lorsqu'elle est confrontée à son misérable état que lui révèle la vérité qu'elle combat invariablement, chaque disciple devait prêter serment de ne jamais révéler les Connaissances auxquelles il lui était permis d'accéder, sous peine de mort. L'auteur d'une telle profanation n'était pas exécuté par ses maîtres, mais par ceux auxquels il offrait, sans discernement et avec un manque de Prudence, des Enseignements au pouvoir dévastateur lorsqu'ils se retrouvent entre de mauvaises mains (Consciences). Savoir - Vouloir - Pouvoir Oser - et se Taire, telle est le contenu de ce serment. 

Après ce qui précède, et pour répondre simplement à ta question, il est sage de masquer ses convictions (Connaissances) si c'est pour éviter de nourrir la perversité de l'ignorance ou ses profanations, et accessoirement de porter atteinte à l'intégrité physique de celui qui les porte.


Maître, je comprends, après tes explications, que le parleur silencieux n’est pas nécessairement un deva. Mais alors comment une Conscience peut-elle espérer recevoir les pensées d’un deva parleur silencieux, plutôt que celles d’un asura ?

Effectivement, le Parleur silencieux n'est pas systématiquement un deva. Tout dépendra de l’état d’épuration de la Conscience (entre sa psychologie intellectuelle et sa psychologie spirituelle), et de sa capacité à développer ses perceptions les plus subtiles, de son intention altruiste et de son niveau de Connaissances se caractérisant par l'accumulation de pensées justes en vertus. Tout ceci lui permettra d'avoir une certaine intensité vibratoire caractéristique de son évolution. 

Un asura tentera d’entrer en communication avec une Conscience, de mêmes complexions vibratoires que la sienne, par les moyens sensoriels, émotionnels et intellectuels, ainsi que par le biais de sollicitations extérieures (sous forme de tentations dont le magnétisme puissant est révélé dans la Genèse du Sepher de Moïse comme étant l'attracteur cupide), ou par le moyen de sollicitations intérieures de basse intensité vibratoire comme la colère, la vengeance, la convoitise, la jalousie, la peur. Il peut aussi agir, sur le plan spirituel, par l'intermédiaire de ces tonalités vibratoires qui caractérisent le mysticisme, l'idolâtrie, le fétichisme, le fanatisme, la sorcellerie et autres pratiques hallucinatoires plus ou moins cupides, égocentriques ou maléfiques dans l'intention. 

Un deva n'effectuera de communications qu'avec une Conscience parfaitement libre, spirituellement subtile, vertueuse et ne faisant appel qu'aux Connaissances acquises que par le biais de sollicitations intérieures, et seulement perceptibles par la Faculté intuitive spirituelle la plus développée, celle qui utilise l'Énergie Vitale de la Foi venant alimenter sa Raison. Après, il appartient à la Conscience d'utiliser au mieux de ses capacités et compétences et surtout de sa Faculté de discernement, car c'est elle qui lui permettra de distinguer l’intellectuel du spirituel, ce qui vient de l’extérieur de ce qui vient de l’intérieur, ce qui vient du temporel (le bas) de l’intemporel (le haut), et ce qui est de l’ordre de l’épais, de ce qui est de l’ordre du volatil. 

Compte tenu de l'extrême sophistication du processus, tu comprendras aisément que ce mode de communication n'est possible que lorsque le Penseur est parvenu à se distinguer des pensées qu'il utilise dans l'accomplissement de son dessein de forme, avec la plus extrême rigueur, et après la redoutable ascèse d'une longue pratique de mise à l'épreuve, afin d'en vérifier la justesse, la pertinence et l'innocuité. La noble pensée de l'esprit de Bien, ne se manifeste que par l'intermédiaire d'une Conscience fermement décidée à activer sa propre Volonté de Bien, en toute connaissance de cause. 

Sur un niveau d'intensité encore plus élevé, une Conscience s'efforcera de n'utiliser que des pensées justes en vertus entièrement conformes au Dharma, se traduisant dans son action par le service désintéressé au profit de l'utilité commune. 

Si tu as reçu et correctement assimilé les indications que je m'efforce de te communiquer dans ce dialogue, tu ne peux pas manquer d'arriver à la conclusion que la source de toutes choses est dans l'océan des pensées. Il découle de ce constat qu'une Conscience qui ne parviendrait pas à la parfaite maîtrise de chacune des pensées qu'elle sélectionne de recevoir et d'assimiler serait dans l'incapacité d'exercer son libre arbitre, et son pouvoir de libération par sa Volonté de co-création. 

Voilà ce qui est caché au commun des mortels constituant la cohorte des nombreuses normalités ambiantes se manifestant dans les différents endroits de la planète et tout au long des cycles de réincarnations. Tant que les asura te contrôlent par les pensées qu'ils t'imposent, par l'intermédiaire de cette dérisoire normalité ambiante, tu ne seras pas autre chose qu'une marionnette d'apparence mortelle asservie à leurs volontés par les invisibles ficelles du pouvoir de leurs pensées. Ce n'est que lorsque tu seras redevenu capable d'être constamment à l'écoute du deva te servant de guide occulte, que tu pourras progressivement reconquérir ton libre arbitre et retrouver ta propre nature dévique. Le seul moyen te permettant d'y parvenir résidera dans la plus subtile osmose entre les pensées (Connaissances) que tu auras accumulées, et les vertus acquises que tu devras assembler volontairement dans un savant et délicat dosage pour parvenir à en effectuer la transmutation en sagesse.

Pour concrétiser ce processus, les chrétiens utilisent l’image de l’ange et du démon qui sont sur chacune des épaules de chaque individu en incarnation.


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